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Pour une poésie minérale : collisions discursives en contexte de création d’un fanzine

 

Audrey Grandchamp et Pénélope Séguin-Mathieu, 2e cycle, Université du Québec à Montréal

Résumé : Cet essai pose le jeu à l’intersection de la science et de la littérature, comme prétexte ou avenue permettant les échanges interdisciplinaires. Les pratiques poétiques expérimentales et d’autoédition artisanale sont présentées comme étant des méthodes ludiques permettant de transcender des limites imaginées entre poésie et géologie, tout en révélant et en interrogeant différents modes de production discursifs. Éphémère, imparfait et non institutionnalisé, le fanzine offre des opportunités de détournement à saisir, voire à inventer. Il s’agit alors de trouver des points de convergence entre les mondes littéraire et géologique, afin de proposer une écriture dite « minérale ». La réflexion dépliée s’appuie sur le processus d’écriture, d’édition et de production d’un fanzine de poésie intitulé Écart(s), co-réalisé au printemps 2024.


Pour l’historien ou le philosophe des sciences se pose la question de ce qui est essentiel dans la science et la création scientifique, la « science en action » ou la « science achevée ». Les carnets de laboratoire appartiennent à la première et leur étude montre le caractère confus, alogique, imprévisible de la démarche scientifique. Les articles scientifiques appartiennent à la seconde. Ils expriment des résultats présentés au contraire comme ceux d’une méthode claire, logique et prévisible, reconstruite a posteriori1.


La création littéraire, comme la création scientifique, peut être comprise et abordée par l’entremise du geste, de l’expérimentation, de la tergiversation ou à l’inverse, par l’entremise du texte, comme aboutissement d’une démarche de recherche et d’écriture. Les travaux de Gilles Denis, historien et philosophe des sciences, font état des différents rapports qu’entretiennent science et littérature dans leurs formes d’expressions et leurs positionnements conceptuels et perceptuels respectifs. Devant cette articulation dynamique de la relation science-littérature, le jeu nous apparaît comme une opportunité d’incursion, une avenue ou un prétexte, facilitant les échanges interdisciplinaires. Le jeu, compris ici comme un ensemble d’usages ludiques de matériaux documentaires, permet de poser un regard amusé sur la rhétorique méthodologique, sur une certaine logique explicative lisse et droite, détachée du tâtonnement et du désordre, lequel est pourtant intrinsèque à toute forme de production. Ce faisant, cet essai aborde les pratiques poétiques expérimentales et d’autoédition artisanale comme un processus créatif permettant de transcender les limites imaginées entre science et littérature. La réflexion qui y sera développée s’appuie sur le processus d’écriture, d’édition et de production d’un fanzine de poésie intitulé Écart(s), réalisé au printemps 2024. Cet essai sera à l’image de la démarche qui le précède : rédigé d’après une logique du tâtonnement et de l’incertitude face aux rapports entre création poétique et procédés géologiques tels que l’érosion, ou la sédimentation. Comment tordre les discours figés qui se veulent « achevés » – en littérature comme en science – pour reprendre l’expression de Denis ? Peut-on écrire à partir de méthodes issues de la géologie ? Et quelles avenues distinctes, par rapport à l’objet livre traditionnel, sont offertes par le format du fanzine ?

Aspérités d’une poésie minérale

Éphémère, imparfait, résolument artisanal et non institutionnalisé, le fanzine, en tant que « lieu de façonnage d’une culture alternative2 », offre des opportunités de détournement à saisir, voire à inventer. De ce fait, Écart(s) témoigne d’une exploitation du caractère malléable du fanzine, situé en marge des processus éditoriaux traditionnels3, pour accueillir un processus littéraire expérimental. Animées par une volonté de creuser le discours scientifique pour en dégager des matériaux féconds, nous avons débuté notre démarche de recherche-création par la constitution d’un corpus d’ouvrages scientifiques traitant de phénomènes variés, allant de la formation des sols à la cristallisation rocheuse. Nous nous sommes intéressées aux différents ressorts discursifs, aux méthodes de maniement d’images et de représentations schématiques et aux négociations langagières qui demandent, même aux scientifiques, des ressources poétiques. C’est là que débute le jeu : par la saisie, dans l’écriture d’Écart(s), du phénomène scientifique ; par son éclatement et par la pulvérisation de ses frontières conceptuelles. Il a fallu apprendre à relire les textes savants. Et les sols, aussi.

Écart(s) est donc la matérialisation d’un contact direct avec le discours scientifique, opéré au plus près de la phrase explicative, du syntagme technique. Le regard posé a posteriori sur les manipulations constitutives de ce zine nous permet d’articuler une réflexion entre de nouveaux modes de production discursifs, à la fois hybrides et mouvants, et sur les possibilités critiques et esthétiques offertes par le détournement du matériel scientifique. Notre projet de fanzine se positionne donc plutôt en contrepoint des fanzines scientifiques, les « science zines », qui s’intéressent au potentiel de vulgarisation ou de production de connaissances que peuvent offrir le médium4. Notre démarche de recherche-création vise plutôt à révéler la fluidité des démarches littéraires et scientifiques, et exhorte à l’exploration de significations partagées. Le titre du projet, Écart(s), fait d’ailleurs allusion à cette interrogation de la distance, réelle et construite, entre individus et pratiques. Quelles sont les possibilités d’interaction, voire de collision, entre des postures divergentes ? C’est ainsi qu’un jeu décomplexé de montage – compris comme juxtapositions et superpositions dynamiques de fragments poétiques, documentaires et visuels – se décline en divers stratagèmes expérimentaux. Ces derniers visent à démontrer qu’il n’existe pas de discours intouchable ; l’enchevêtrement des disciplines s’opère d’après une logique d’interpénétration horizontale, déhiérarchisée.

Poésie\géologie, une dialectique

Déployé à l’intérieur de l’espace hétéroclite du zine, le geste poétique devient une incursion permettant d’activer les rapports dynamiques entre le littéraire et le scientifique et de renverser les normes institutionnalisées. L’univers de la géologie s’est rapidement imposé comme espace pour penser la porosité des frontières disciplinaires ; l’étude des sols et des formations rocheuses nous apparaissant comme conceptuellement liée au travail du texte. Les méthodes et outils de la géologie sont effectivement sensibles aux assemblages et aux agencements multiples de la matière minérale, ainsi qu’aux phénomènes spécifiques qui contribuent, au fil du temps, à sa transformation. La pétrologie, par exemple, s’intéresse aux mécanismes qui sont à l’origine de la formation et de l’évolution de différents types de roches5 : genèse magmatique, cristallisation, transformation chimique et altération. La stratigraphie, quant à elle, décortique les successions de strates rocheuses et tente d’identifier et d’expliquer les événements à l’origine de leurs fondements. La présence d’une couche de calcaire dans le sol révèle, par exemple, la présence passée d’un lac ou d’une mer ; ou encore, une couche de charbon pointe vers une forêt luxuriante décomposée par l’engloutissement des eaux6.

L’incursion poétique du scientifique puise dans ces nombreux phénomènes et se déploie de manière à révéler et à articuler les accumulations de sens, à interroger et reproduire la dissolution et le polissage de la matière, textuelle comme géologique. À l’aide de méthodes qualifiées par Marie-Jeanne Zenetti7 comme étant de l’ordre du prélèvement et du déplacement du document scientifique dans l’espace littéraire, l’action poétique vient opérer un défigement des discours maniés. Le document est abordé à l’aune d’une perspective sédimentaire : il se dépose, s’effrite, s’érode, et se transforme au contact du poétique et au gré du travail formel. Comme l’exprime Dominique Berthet, une « expérience esthétique inédite » se dégage de cette recontextualisation puisque « le montage suppose des passages d’un monde dans un autre […]. Il violente, perturbe le connu, l’habituel, questionne, voire dénonce l’idée de fini. Il produit des éloignements ou, au contraire, des rapprochements, des raccourcis8 ». C’est une poésie dite « minérale » qui émerge de ces échanges espiègles. Une poésie caractérisée par l’emmêlement, attentive aux reliefs et aux cavités, à la circulation et la fluidité du langage, le poétique étant réinscrit dans le scientifique, et vice-versa.

Le jeu d’assemblage de matériaux épars s’inscrit alors dans ce que Berthet décrit comme une « poétique de la rencontre et de la relation9 ». Le texte doit être abordé comme matériau composite, comme articulation insubordonnée entre différentes strates hétérogènes. À l’instar du sol, le texte se doit d’être déchiffré de manière à déceler les particules qui le constituent et éviter de manquer les différents trucages qui ont contribué à sa production, voire à sa mise en forme. Un mode de lecture particulier, actif, éveillé, qui porte attention « non seulement à ce qu’ils [les documents] disent et à leur contenu informationnel, mais aussi à ce qu’ils révèlent de la généalogie pratique de leur production » est essentiel10. La manipulation du document scientifique à l’intérieur d’Écart(s), œuvre à la considération du discours scientifique, dans sa forme textuelle et graphique, comme un mode d’emploi à suivre pour une exploration formelle et langagière, ou encore en tant que lieu de réminiscence et de resignification poétique.

Les quatre sections qui suivent s’emploieront en ce sens à décortiquer les manifestations concrètes de ce jeu de reconfiguration au sein du zine lui-même, dans une optique de réflexion critique à l’égard du processus expérimental qui l’a vu naître.

i. Matrice géologique, matrice textuelle : une étude de l’incomplétude

Certaines sections d’Écart(s) ont été créées à partir de traces géologiques caractérisant des lieux à redécouvrir ; un moulin incendié à Saint-Simon en 1800, une ancienne maison familiale à Kamouraska. Fouiller dans les substrats géologiques se confond alors avec l’acte de réminiscence poétique : « Une liste d’objets s’allonge, elle forme la catalogne du récit. On retrace les faits. […] L’effritement des pièces est un enjeu11 ». Déterrer, exhumer, et faire réapparaître. L’écriture procède d’une recomposition mnésique à partir du geste d’étude stratigraphique : « système d’assemblage d’usures et dislocations / la relation se révèle par la présence de matériaux originels / ceux-ci sont : arrachés / transportés / l’histoire fourmille entre les départs et les compressions12 ». Dès lors est entrevu dans la matrice textuelle, glanée çà et là, un moyen d’instiguer la puissance évocatrice de la géologie comme pouvant attester de « l’existence d’un dehors de la littérature qui fourmille d’histoires plus invraisemblables que le plus alambiqué des romans13 ».

Souvent, lorsqu’un savant déterre un squelette ou une pièce de bois, il découvre que les sels minéraux ont pénétré dans les cellules et les ont pétrifiées en rocs solides. Si les preuves manquent, alors il faut s’inventer un prototype, faire percoler des sels phosphorescents dans les fentes du doute14.

L’analogie entre géologie et poésie permet dès lors de manier l’incomplétude des espaces choisis de la même manière que des formes fossilisées à traiter avec soin : 

Plus rarement, il ne subsiste que l’empreinte ou le moulage de l’être vivant disparu. Et l’indice de porosité sert à ça : combattre le vide par l’écho […]. Faire savoir qu’il n’y a pas rien, mais plutôt qu’il y a une disparition. […] Mesurer l’effacement, c’est alors prendre le poids de la parole à accompagner15.

L’adhésion à des modes de déchiffrement scientifiques dans un cadre fictionnel permet d’inscrire matériellement l’altération du souvenir en inscrivant l’incomplétude dans le tangible. L’univers géologique agit comme embrayeur de fiction16 ; l’étude stratigraphique se confond à celle de l’oubli dans une logique d’effritement à la fois concrète et figurée.

ii. L’explication ou la méthode scientifique comme mode de structuration textuelle

L’appréhension du document scientifique révèle une présentation méthodique de l’activité ou du phénomène et des résultats observables qui en découlent. Transposée dans l’espace littéraire, cette logique discursive devient le point de départ d’une exploration sémantique qui exploite la proximité conceptuelle entre les procédés géologiques et le travail du texte : 

Le sédiment, dans son étrangeté constitutive, est proie aux agitations externes. Comprimé, il devient grès, calcaire, schiste ou conglomérat. La roche se fige sous l’effet de la contrainte. C’est alors que les turbulences se succèdent : fortes températures, actions chimiques, pressions. La roche se métamorphose, éclate, s’adoucit. Avec le temps, un travail de la forme se consolide17.

Par le biais du poétique, le champ d’action de l’explication ou de la méthode scientifique est graduellement détourné : celle-ci n’est plus une marche à suivre pour la compréhension ou l’analyse, mais bien pour l’écriture. La méthode scientifique peut donc être reprise et appliquée à des matériaux intimes. Elle devient la structure formelle d’une poésie qui entremêle le sensible et l’analytique, le rigoureux et le fluide. Par ce renversement, les étapes de l’analyse stratigraphique, par exemple, sont reprises non plus dans le but d’identifier et d’analyser l’origine de strates rocheuses, mais bien pour explorer l’amalgame des expériences sensorielles et mémorielles qu’évoquent un lieu géographique précis : 

zone de transition : une bande de terrains mieux drainés, qui occupe une zone de transition entre les Basses Terres proprement dites et le Plateau se distingue assez nettement au point de vue végétation.

J’ai visité ta maison de Kamouraska. Je m’imagine encore très bien le foyer de pierres grises et le feu qui y craque ; le pommier en fleurs sur le terrain, au fond du rang. Aujourd’hui, des objets en étain posés sur la table ; des bougeoirs et des vases, remplis d’agastaches on me dit, au loin : c’est lui18.

Le procédé analytique réinterprété ouvre alors une brèche vers l’exploration, à partir de jeux et de glissements sémantiques. De manière générale, le processus créatif propre au fanzine puise donc une forme d’indocilité dans l’ostentation ludique avec laquelle une forme de bricolage sémiotique s’opère sous l’œil amusé du lectorat. La nature intrinsèquement hétéroclite du fanzine en fait «  un espace plus démocratique, fondé sur le partage et une certaine forme d’impertinence19 ».

iii. Brouillage de l’univers référentiel : figures et schémas détournés

Les modalités d’apparition du document sont révélatrices du rôle que l’on souhaite lui faire jouer, comme en témoigne Véronique Montémont, en précisant que « plus la pièce est reproduite fidèlement, plus sa valeur référentielle semble élevée20 ». Dans le fanzine apparaissent telles quelles plusieurs représentations graphiques de phénomènes sismiques, d’agglomérations rocheuses et d’analyses stratigraphiques. La fidélité de la représentation est pourtant trompeuse puisque la valeur référentielle de ces schémas se voit subtilement déroutée par une réécriture des noms de figures et par un déplacement des éléments de légende.

Les documents originaux sont arrachés à leur « écosystème documental » d’origine pour participer à la composition d’un nouvel univers référentiel21 ; un jeu de resémiotisation se met en branle. Par exemple, les représentations graphiques sont dépouillées de leurs fonctions explicatives et deviennent plutôt le lieu d’une reconfiguration de la relation texte-image, qui permet la collision et l’association nouvelle des disciplines mobilisées. Destinés à une nouvelle communauté de lecteurs et lectrices, des documents sont « dégelés22 », occasionnant de nouvelles potentialités. C’est le cas du corpus d’iconographies scientifiques mobilisées au sein d’Écart(s). Ce détournement s’opère de manière à évacuer le réel, au profit d’une fabulation. Voilà donc un mode d’inscription et de recontextualisation du document qui est « l’illustration d’un discours stratégique, volontairement éclaté et subversif23 », venant introduire un frottement, une rugosité nouvelle dans la relation entre des matériaux qui devraient pourtant se répondre.

iv. Le collage : un refus d’immanence linguistique

Le caractère interdisciplinaire de notre fanzine s’érige en adéquation avec une certaine frange de la culture du zine qui se caractérise par des pratiques d’assemblages et de piratages de discours. L’écologie poétique qui régit Écarts laisse la polyphonie s’installer : l’absence de citation référencée empêche le lectorat de distinguer nettement l’appartenance des différentes parties qui forment le tout. Ainsi créé, le nouveau discours qui émerge de cette démarche s’inscrit dans ce que Deleuze et Guattari appellent un refus de « l’immanence linguistique24 ». Ce mode de collage maintient une ambiguïté constante entre différentes formes de discours, et permet une interpénétration disciplinaire qui s’effectue à même la phrase, dans la juxtaposition des syntagmes : 

Les nappes phréatiques naissent grâce à la perméabilité de roches ou de couches sédimentaires poreuses. Les roches sont des témoins, des habitacles pour les mémoires terreuses. L’eau potable s’accumule dans ces refuges que l’on appelle zones aquifères. Un refuge fait de granules de souvenirs. Ceux d’émergence à petite, grande échelle25.

Concrètement, on observe que le seul marquage physique dans le texte réside dans la présence de l’italique. Dispositif simple, il permet de faire ressentir les aspérités des matériaux, en adéquation avec une approche du fanzine comme « vecteur d’une forte médiativité26 ». Cette différenciation typographique évidente donne explicitement à voir le montage documentaire27 derrière le processus créatif ; 

Pour les spécialistes, toute l’histoire de la compétition géologique qui s’est déroulée entre l’érosion et le diastrophisme se trouve inscrite dans les diverses couches sédimentaires. / Mais il arrive parfois que les différents niveaux soient mélangés ou aient été remaniés  : / Les couches sédimentaires, malgré la compaction, savent se faire sonores : hurlantes de débris de déchiquetés de glaciers / ouvrez / ça crie / Ouvrez / comme des promesses de fluorescences intarissables28.

Ce stratagème permet une mise en lumière minimaliste des négociations langagières constantes qui sont à l’œuvre dans le texte, tout en laissant un flou quant à l’appartenance exacte de chaque extrait. Cela, en créant, somme toute, une division minimale dans le texte entre les extraits issus de sources externes, et ceux écrits dans le cadre de la confection du fanzine.

Vers une poésie composite

En somme, le jeu en contexte de création d’un fanzine hybride s’emploie à déjouer les catégorisations trop tranchantes, il exploite le caractère « actif » et matériel de la création littéraire comme scientifique, afin de révéler toute la portée des contaminations possibles entre ces disciplines. Dans Écart(s), l’investigation par des jeux formels de resémiotisation démontre tantôt qu’en contexte de vulgarisation scientifique, « dans les interstices de la roche, prête à décharger29 », la prose s’immisce pour traduire l’intangible du règne minéral par le poétique. Mais aussi, qu’à l’inverse, l’incursion de la géologie en littérature invite à libérer le poème d’une prose trop lisse, à s’ouvrir dans un mouvement vers le dehors, dans une logique d’élargissement « qui se déprend de la pulsion d’enclore », tel que le propose Jean-Christophe Bailly30. Une esthétique de l’inassouvissement se dégage alors de ces enchevêtrements. Indociles, les couches textuelles tremblent sous nos pieds, dévoilent l’immensité de leurs saillies, comme de leurs failles, nous incitant à nous y plonger. Le texte devient engageant : il impose une lecture tactile, à l’effort maintes fois redéployé. Un exercice d’excavation duquel il convient de ressortir les ongles salis. Une poésie composite, exigeante, qui puise continuellement dans l’ailleurs sans jamais se rassasier. La distance s’effondre, les sols voraces sont à suivre.

Bibliographie


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  1. Gilles Denis, « Sciences, histoire des sciences et littérature », Tangence, nᵒ 61, 1999, p. 14-15 [En ligne : <https://www.erudit.org/fr/revues/tce/1999-n61-tce600/008163ar/>].↩︎

  2. Frédéric Gai, « Tentatives (désespérées) pour définir le fanzine », La Revue des revues, Vol. 62, nᵒ 2, décembre 2019, p. 11, [En ligne :  <https://shs.cairn.info/revue-la-revue-des-revues-2019-2-page-92>].↩︎

  3. Izabeau Legendre, La scène du zine à Montréal, Montréal, AURA, 2022.↩︎

  4. Samuel Étienne, Le Science zine un fanzine en quête d’horizontalité, Journal ACAZINE, 2021.↩︎

  5.  Wikipedia, « Roche », Wikipedia, [En ligne : <https://fr.wikipedia.org/wiki/Roche>].↩︎

  6. Arthur Beiser, La terre, Paris, Time-Life, coll. « Life – Le monde vivant », 1970, p. 111.↩︎

  7. Marie-Jeanne Zenetti, « Prélèvement/déplacement : le document au lieu de l’œuvre », Littérature, Vol. 166, nᵒ 2, juillet 2012, [En ligne, <https://shs.cairn.info/revue-litterature-2012-2-page-26>].↩︎

  8. Dominique Berthet, « Chapitre 3. Collage, montage, assemblage : une esthétique de la rencontre », Arts et esthétique, 2021, p. 137, [En ligne : <https://shs.cairn.info/l-incertitude-de-la-creation–9791095177142-page-129>].↩︎

  9. Ibid., p. 138.↩︎

  10. Franck Leibovici, Des opérations d’écriture qui ne disent pas leur nom, Paris, Questions théoriques, coll. « Forbidden Beach », 2020, p. 87.↩︎

  11. Écart(s), 2024, p. 16.↩︎

  12. Écart(s), 2024, p. 28.↩︎

  13. Marie-Jeanne Zenetti, « L’effet de document : Diffractions d’un réalisme contemporain », dans Aline Caillet et Frédéric Pouillaude (dir.), Un art documentaire : Enjeux esthétiques, politiques et éthiques, Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « Æsthetica », 2017, [En ligne : <https://books.openedition.org/pur/181924>].↩︎

  14. Écart(s), 2024, p. 17.↩︎

  15. Écart(s), 2024, p. 17.↩︎

  16. Marie-Jeanne Zenetti, « L’effet de document », op. cit.↩︎

  17. Écart(s), 2024, p. 9.↩︎

  18. Écart(s), 2024, p. 26.↩︎

  19. Frédéric Gai, « Tentatives (désespérées) pour définir le fanzine », loc. cit., p. 104.↩︎

  20. Véronique Montémont, « Vous et moi : usages autobiographiques du matériau documentaire: », Littérature, Vol. 166, nᵒ 2, juin 2012, [En ligne : <https://www.cairn.info/revue-litterature-2012-2-page-40.htm?ref=doi>].↩︎

  21. Franck Leibovici, Des opérations d’écriture qui ne disent pas leur nom, op. cit.↩︎

  22. Ibid.↩︎

  23. Véronique Montémont, « Vous et moi », loc. cit., p. 46.↩︎

  24. Guillaume Artous-Bouvet, « Rythmes, rhizomes, machines : la Nature répétée », dans Inès Cazalas et Marik Froidefond (dir.), Le Modèle végétal dans l’imaginaire contemporain, Strasbourg, Presses universitaires de Strasbourg, coll. « Configurations littéraires », 2014, [En ligne : <https://books.openedition.org/pus/3297>].↩︎

  25. Écart(s), 2024, p. 18.↩︎

  26. Frédéric Gai, « Tentatives (désespérées) pour définir le fanzine », loc. cit., p. 95.↩︎

  27. Marie-Jeanne Zenetti, « Prélèvement/déplacement », loc. cit., p. 29.↩︎

  28. Écart(s), 2024, p. 18.↩︎

  29. Écart(s), 2024, p. 11.↩︎

  30. Jean-Christophe Bailly, L’élargissement du poème, Paris, Christian Bourgois éditeur, coll. « Détroits », 2015, p. 9.↩︎


Audrey Grandchamp et Pénélope Séguin-Mathieu sont toutes deux étudiantes à la maîtrise en recherche-création à l’Université du Québec à Montréal (UQAM).

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